RÉHABILITATION THERMIQUE / Lycée Colbert – Lorient (56)


LAURÉAT AU PRIX ARCHITECTURE BRETAGNE 2016

Maître d’ouvrage : CONSEIL RÉGIONAL DE BRETAGNE / SEMBREIZH
Programme : LYCÉE COLBERT
Coût : 3 514 000 euros HT
Equipe : EGIS BÂTIMENTS CENTRE-OUEST (BE TCE)
Phase : Livré en octobre 2015
Niveau de performance : RT2012 – Eco-référentiel des lycées de la Région Bretagne
mission : complète base loi MOP

Commandé par la Région Bretagne, le projet s’inscrit dans le cadre d’un programme de « réhabilitation thermique » de lycées réalisés dans la période de reconstruction d’après-guerre — 1959 pour le lycée Colbert.

 

Ces bâtiments sont techniquement semblables. Souvent peu profonds (une salle de classe et une circulation) et construits en béton préfabriqué, ils se distinguent par leurs linéaires de façade au calepinage régulier. Notre intervention concerne deux bâtiments du lycée : un de 100 m de long, l’autre de 300 m. Ce dernier donne sur une cour immense qui offre du recul et permet de visualiser la ligne hors d’échelle du bâtiment ainsi posé dans le site.

Un enjeu du programme concernait l’obligation de travailler en site occupé. Pour la partie technique, on a imaginé un système de préfabrication qui permet une mise en œuvre « soft » : un système qui évite de trop perturber le fonctionnement et la vie du lycée. L’opération se développe en deux temps : des façades complètes — bardées et vitrées — sont d’abord « pluggées » sur la façade existante intacte. Chaque façade rapportée correspond, sur le bâtiment d’origine, à cinq trames d’un même niveau. Progressivement, classe par classe, les anciens vitrages sont ensuite déposés et remplacés ; des modules de finition (incluant stores et rangements) sont fixés sur la nouvelle façade. Les éléments de modénature verticaux sont enfin apposés en temps masqué.

Le parti-pris architectural de ce projet respecte et renforce la qualité intrinsèque du bâtiment d’origine : celle liée à son échelle, à sa préfabrication et à la modénature de ses façades. On a cherché à éviter de simplifier ou de « lisser » l’ensemble. Notre proposition est très claire : elle vise à amplifier le rapport urbain d’un bâtiment monochrome avec son environnement.

Le rez-de-chaussée propose autre chose : il entretient une relation privilégiée avec les lycéens. Traité en bois, il agit à la fois comme un socle et un « rez-de-chaussée récréatif » en prise directe avec la cour.
Sur cette opération, l’Eco-référentiel des lycées de la Région Bretagne est appliqué. Dans le cadre d’une réhabilitation comme celle-ci, les performances énergétiques imposent un cœfficient de consommations conventionnelles Cep < 90 kWhEP/m²/an — soit la classe B de l’étiquetage énergétique des bâtiments.

 

IDEE DU PROJET:

Lors de la visite de site avec Egis l’idée de préfabrication en bois, par panneaux, est venue, nous voulions trouver un système qui permette de rester en site occupé, coller une peau devant la peau existante, sans la toucher et venir par étape finir l’intérieur des classes. La contrainte du site occupé nous a amener a tout assembler en atelier et non directement sur la façade.

 

CONCEPT ARCHITECTURAL:

 

1/ échelle urbaine

 

A l’agence on étudie le bâtiment sur lequel on intervient, c’est lui qui donne le potentiel au projet. On croit vraiment qu‘un projet contemporain, actuel, n’a de sens, pour s’inscrire dans un environnement, que s’il comprend l’environnement dans lequel il vit et que s’il y répond, que s’il est cohérent avec ce qui est. Il faut mettre en valeur les éléments positifs de ce bâtiment.

Nous avons commencé par analyser le bâtiment, il a été construit selon les techniques de l’après guerre (1959), quel impact il a dans un lieu, qu’est ce qu’il fait qu’il existe, comment est ce que l’on fait évoluer son image, comment on le remet au bout du jour sans dénaturer ce qui existe.

On est parti du constat, que les vraies valeurs de ce bâtiment, ce sont, d’une part son système constructif, la préfabrication en béton, mais aussi sa dimension, barre de 150m de long pour le bâtiment B, très présente dans le site, qui agit comme un signal, un repère, on le voit de loin. Il faut asseoir cette volumétrie encore plus, pour que le lycée retrouve son image, plutôt que d’essayer de la décomposer, il faut l’assumer, voir la renforcer.

C’est pour cela que nous avons fait le choix de partir sur un bâtiment monochrome, on va lire le bâtiment comme une unité, on va lire une ligne noire dans le site. On a fait le choix du noir, ce n’est pas une couleur, mais une valeur. Ca absorbe la lumière, ça a l’avantage, à l’échelle urbaine, de renforcer l’idée de monolithe. De loin, on ne va plus voir les ombres, on ne verra pas non plus, les effets de façades, on voulait un signal, une ligne, remarquable, identifiée. Dans un second temps, on est sur un bardage métallique satiné, il absorbe les teintes environnantes, ca permet au bâtiment d’évoluer, de ne pas être monotone, de vivre avec son environnement immédiat et d’évoluer en fonction de la lumière dans une journée et d’exploiter la luminosité d’un site. Le soir il est orange, gris, bleu…

 

 

2/ échelle du projet

 

Les rénovations thermiques par l’extérieur ont tendance à annihiler le bâtiment en travaillant une peau lisse, très plate. Nous avons choisi de garder la modénature de façade travaillée lors de la préfabrication béton et de la re-transposer dans le projet futur d’une autre manière. On a fait le choix d’asseoir les verticales, plutôt que les horizontales d’origine, pour avoir cet effet de lecture du monolithe.

Le bois permet une deuxième lecture avec le RDC récréatif, le bois vient radicalement trancher avec la partie noire assimilée aux espaces de travail. Nous avons choisi d’avoir une matière /couleur, une proportion différente, où l’on vient redonner une échelle humaine par un travail de casquette et de sous face bois qui vient redescendre a des hauteur de 2,30m ce qui vient donner une intimité, un coté chaleureux qui correspond à l’espace de pause.

 

Nous pensons que le travail sur l’échelle est très important. C’est intéressant de voir le sentiment qu’un bâtiment peut nous donner de loin et de voir qu’il peut être diffèrent qu’en on s’en approche. Ici le bâtiment est travaillé dans le détail, les éléments sont alignés, calepinés, on a des modénatures, verticales et horizontales et ca c’est le deuxième temps de lecture, on est à l’échelle de l’usager.

 

 

Les façades intérieures.

 

Apres l’installation de ce plug en façade extérieure, il fallait réfléchir à la finition de cette surépaisseur à l’intérieur. On a décidé de donner un usage à ce cadre :

  • les menuiseries ont été divisées de telle sorte que le petit coté est l’ouvrant, les occultations on été installées au nu intérieur. Donc la pièce peut être occulté tout en étant ventilée.
  • Derrière la partie fixe, on peut installer des livres, des plantes. Le cadre devient un rangement.

Les salles sont agrandies (60cm)

 

Ce projet est une rénovation de façade, notre intervention n’était pas dirigée uniquement sur l’urbain, on ne voulait pas d’un geste architectural. Notre intention n’était pas de modifier l’identité du projet mais de le remettre au bout du jour, d’un point de vue thermique, tout en lui redonnant ces qualités dans le paysage urbain. Sans oublier que cela impliquait des modifications sur l’intérieur, que nous avons transformé en avantage en donnant un usage à ces nouveaux espaces, pour qu’il y ait du sens. Ce n’est pas juste un plug, c’est un plug dans lequel on peut installer un rangement, une occultation dans lequel il y a une ventilation qui a été mise en place.

 

Le projet tel qu’il sera demain va s’inscrire dans l’histoire de ce qu’il était avant, on n’est pas dans une rupture, mais en continuité, tout en amenant la nouvelle image du lycée.

 

W E B & P R E S S E

 

TELEGRAMME

CONSTRUCTION21

LA RENOVATION

OUEST-FRANCE

 

N°2 – Réhabilitation du Lycée Colbert

CREDITS

Photographies : Alexandre Wasilewski,  AMPA

 

 

pinterest
testPin on PinterestShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedIn